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La rentrée 2025 s’annonce délicate pour les restaurateurs. L’inflation, bien que légèrement ralentie, reste élevée et continue de peser sur les matières premières essentielles à la cuisine. La restauration commerciale subit une pression sur ses marges et doit redéfinir ses approches d’achat, de gestion et de conception des cartes.
Une inflation alimentaire persistante
En France, l’inflation des produits alimentaires est passée de 7,2 % en décembre 2023 à 5,7 % début 2024. Mais derrière cette moyenne se cachent des hausses vertigineuses : l’huile d’olive a vu son prix tripler entre 2022 et 2025, et certaines huiles de friture ont bondi de 400 %. Ces produits, essentiels pour de nombreuses cuisines, deviennent des postes critiques dans le calcul de la rentabilité. À cela s’ajoute une pression durable sur les produits carnés, céréaliers et laitiers. Cette inflation structurelle a des causes complexes : climat, guerre en Ukraine, reconfiguration des marchés agricoles, et tensions énergétiques mondiales.
Matières premières stratégiques : effets indirects sur le secteur
Si la restauration repose sur les denrées alimentaires, elle dépend aussi de matières dites “critiques” : métaux pour les équipements, plastiques pour les emballages, énergie pour la production. Or, ces marchés sont eux aussi perturbés. Des restrictions chinoises sur les exportations de gallium et germanium, utilisées dans l’électronique, affectent indirectement les coûts des outils connectés ou de la chaîne logistique. Résultat : les restaurateurs subissent une hausse globale des intrants, au-delà des seuls aliments.
Volatilité climatique et hausses ponctuelles
Les événements climatiques extrêmes deviennent un facteur permanent d’instabilité. Sécheresses, inondations, canicules : le Barcelona Supercomputing Center a récemment montré que ces phénomènes entraînent des chocs sur les marchés, comme une hausse de 89 % de l’oignon en Inde ou +50 % pour l’huile d’olive méditerranéenne. Les produits “phares” varient ainsi au gré du climat, rendant la planification des menus difficile. Les restaurateurs doivent donc composer avec des prix instables et des ruptures fréquentes.
Les chiffres clés du secteur
Selon les données 2025 de Tool Advisor, les matières premières représentent en moyenne 34,2 % du chiffre d’affaires d’un restaurant français. À ce niveau, chaque point d’inflation se traduit par une perte nette de rentabilité. Jusqu’ici, les restaurateurs ont tenté de répercuter les hausses sur leurs tarifs. Mais face à une clientèle également affectée par l’inflation, cette stratégie atteint ses limites : les hausses de prix peuvent impacter la fréquentation ou l’image perçue. Une gestion plus fine devient impérative.
Vers des stratégies d’achat plus agiles
Face à ces contraintes, plusieurs modèles émergent. La mutualisation des achats (groupements de restaurateurs ou centrales régionales) permet d’obtenir de meilleurs tarifs et d’absorber la volatilité. Le retour aux circuits courts est aussi en forte progression. Travailler directement avec des producteurs permet à la fois de sécuriser l’approvisionnement et de valoriser l’origine sur la carte, ce que les clients recherchent.
De plus, la substitution intelligente d’ingrédients devient stratégique : changer d’huile, ajuster une garniture, repenser une recette pour intégrer un produit moins inflationniste, tout en conservant la cohérence du plat. Cela suppose une grande agilité en cuisine, mais aussi une capacité à former les équipes à ces ajustements.
Le digital comme levier d’adaptation
Enfin, la digitalisation des achats, de la gestion des stocks et du suivi des marges s’impose comme un levier puissant. Des outils comme ceux proposés par Otter, METRO ou des start-ups du CHR permettent d’analyser les flux, d’anticiper les ruptures et d’automatiser les comparatifs de prix. Le “smart procurement” devient une réalité : il permet de transformer l’achat d’une contrainte en un levier de rentabilité. Cette approche offre une réactivité nouvelle dans un contexte où les prix peuvent varier chaque semaine.
Sources:
Tool Advisor. “Les chiffres clés de la restauration en France 2025.”, février 2025.
Camille Horvath et al., “Is the logistical engagement of stakeholders in short food chains…,” arXiv, juin 2024.
Wikipédia. “Matières premières critiques.”, février 2025.
Financial Times. Barcelona Supercomputing Center, “Extreme weather drives food price surges across globe.”, juillet 2025.
Au Cœur du CHR. “Restauration 2025 : croisée des chemins.”, mai 2025.
L’Hôtellerie Restauration. “Maîtrise des coûts en restauration.”, mai 2025.
Reuters. “UK food inflation could hit nearly 5% in 2025.”, décembre 2024.
